Les chiffres ne mentent pas : en France, la moto n’a jamais eu la même exposition que ses cousines japonaises ou germaniques. Pourtant, l’Hexagone n’a pas dit son dernier mot. Ces dernières années, entre la renaissance de maisons historiques et l’arrivée de nouveaux acteurs, les motos françaises retrouvent des couleurs. Tour d’horizon des constructeurs qui font vibrer la route tricolore.
Motorhell
Dans la galaxie des fabricants français, Motorhell s’impose comme une étoile montante. Fondée en 2018, cette jeune pousse ne s’est pas laissée intimider par son manque d’ancienneté. Au contraire, elle trace sa route avec un savoir-faire affûté et une exigence rare sur la finition. Le modèle phare ? Le Motorhell Master, une machine qui s’est taillée une réputation d’exception auprès des amateurs éclairés. Petite production, grande ambition : chaque année, Motorhell mise sur la rareté et la qualité, loin des cadences industrielles.
Mash
Apparue en 2012, Mash s’est rapidement forgé une identité à part dans le paysage. Son créateur, Fred Fourgeaud, ex-pilote, a imaginé une marque proche des motards, abordable sans sacrifier la personnalité. La patte Mash, c’est ce style résolument néo-rétro, parfois vintage, qui saute aux yeux sur chaque modèle. À Beaune, le design se dessine ; la fabrication, elle, est délocalisée en Chine, un choix assumé pour rester accessible. Le catalogue s’étend largement, avec une offre variée de motos et de scooters qui se distinguent immédiatement sur la route.
Peugeot Motocycles
On connaît le lion pour ses voitures, mais Peugeot Motocycles s’est fait une place de choix sur deux roues bien avant beaucoup d’autres. Présent sur le créneau depuis 1898, Peugeot s’est imposé avec des modèles élégants, porteurs d’une vraie patte française. Aujourd’hui, la marque s’est spécialisée dans les scooters et les véhicules à trois roues, tout en investissant le segment électrique. Ce virage s’illustre notamment par l’arrivée de modèles repensés pour les mobilités urbaines, où l’esprit Peugeot s’accorde avec l’air du temps.
Avinton
À Sommières, dans le Gard, Avinton cultive la singularité. Derrière le nom, une histoire de transmission : la marque s’appelait autrefois Wakan, avant d’être reprise par Cédric Klein. Ici, chaque moto est façonnée à la main, une rareté qui se ressent dans le moindre détail. Anecdote révélatrice : si l’assemblage est 100 % français, le cœur de la bête, le moteur, provient des États-Unis. Cet alliage transatlantique donne aux Avinton un caractère à part, recherché par les passionnés.
Midual
Pour ceux qui recherchent l’exclusivité, Midual coche toutes les cases. Née en 1992 grâce à l’audace d’Olivier Midy, cette marque angevine ne produit que des motos de luxe, assemblées une à une dans son atelier d’Angers. L’amour du détail se traduit par une présence appuyée de métal, d’aluminium et de cuir, conférant à chaque pièce une identité forte et raffinée. Sur le marché, peu de concurrentes affichent une telle esthétique et une telle exigence dans la fabrication artisanale.
Voxan Motors
Impossible de parler de motos françaises sans évoquer Voxan Motors. Fondée par Jacques Gardette en 1995, la marque s’est d’abord illustrée avec des modèles à la silhouette atypique. Après une période difficile, Voxan est devenue la propriété du groupe Venturi en 2009. Depuis, elle s’est réinventée autour des motos électriques, conjuguant design singulier et performances de haut vol. Les dernières créations de Voxan, capables d’atteindre des vitesses impressionnantes, témoignent d’un vrai savoir-faire technique.
Le panorama des marques de motos françaises se dessine ainsi entre héritage, innovation et audace. Chaque constructeur apporte sa nuance à la palette, et il suffit d’un feu vert pour que ces signatures tricolores rappellent que la passion du deux-roues a, elle aussi, le goût de la France. Qui sait, peut-être croiserez-vous bientôt l’une de ces machines sur votre route, prête à écrire la suite de l’aventure française.

